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Enlevée pour un repaire de reproduction, elle choisit l’Alpha qui l’a laissée partir, roman · Chapitre 1 sur 24

Chapitre 1 : Le parking de la boulangerie

La porte du van coulissa sur le parking de la boulangerie à cinq heures du matin, et trois personnes regardèrent la scène.

L’homme qui déchargeait le camion de farine regarda.

La femme qui fumait près des poubelles regarda.

Le gamin à vélo, au coin de la rue, regarda lui aussi, puis fit demi-tour et s’éloigna.

Je portais un plateau de grilles de refroidissement vers la porte de derrière, et je m’arrêtai, la hanche contre l’encadrement.

— Mara, dit Eli.

Il traversait le parking vers moi, les mains ouvertes.

Eli était un habitué qui prenait chaque matin la table du coin et commandait un café noir et le pain aux graines du jour.

Cela faisait deux mois qu’il venait.

Il me demandait toujours comment allait le genou de ma mère et laissait toujours un billet de dix pour une commande à quatre dollars.

— Eli, nous ne sommes pas encore ouverts, dis-je. Ça va ?

— Je vais bien. J’ai besoin que tu viennes parler à quelqu’un.

— À qui ?

— Ce sera plus simple si tu viens. Il me sourit, du même sourire décontracté qu’il m’adressait derrière le comptoir. Personne ne sera blessé, Mara. Je te le promets.

Je regardai au-delà de lui, vers le van.

Quatre hommes se tenaient autour, et chacun d’eux était trop imposant pour ce parking.

Le plus grand se tenait devant la porte ouverte, vêtu d’un long manteau sombre, les mains dans les poches et les yeux rivés sur moi.

Il ne souriait pas.

Mes poignets devinrent glacés et je baissai les yeux.

Des poils blancs poussaient sur la peau de mes deux poignets, fins comme du givre.

Ça arrivait quand j’avais peur, et c’était la seule partie de mon loup qui avait jamais répondu à mon appel.

La femme près des poubelles le vit.

Elle écrasa sa cigarette contre le mur et rentra sans se retourner.

Je posai le plateau très précautionneusement, parce que je ne voulais rien renverser.

Puis je courus.

Je fis quatre pas vers la rue.

Eli m’attrapa par le bras, et je me retournai pour lui mordre la main aussi fort que possible.

Il jura, mais ne me lâcha pas.

Je sentis le goût du sang et gardai les dents plantées dans sa main jusqu’à ce qu’un deuxième homme m’attrape par la taille et me soulève du sol.

Il était chaud et sentait la fumée de cèdre, et mes pieds battaient dans le vide.

— Du calme, ma petite, dit-il, de la voix d’un homme qui parle à un chien en laisse.

Je hurlai.

Le chauffeur du camion de farine se détourna.

Eli plaqua un chiffon sur ma bouche, et la dernière chose que je vis fut le grand homme au manteau, qui n’avait pas bougé de la porte du van.

Il regardait la main d’Eli sur mon visage et me regarda subir tout ça sans rien faire du tout.

Je me réveillai sur un lit, dans une pièce aux murs de pierre.

Le lit était grand, la couverture épaisse, et la pièce sentait le feu de bois et le sel.

Mes chaussures avaient disparu.

J’avais encore mon gilet, et tout ce que je portais dessous aussi. Je vérifiai d’abord avec mes mains avant de me permettre de regarder autre chose.

On ne m’avait rien fait.

Je m’assis et ma tête se mit à tourner.

Il y avait une fenêtre, protégée à l’extérieur par des barreaux de fer, et au-delà, une mer grise.

La porte était en chêne et verrouillée.

Je l’essayai quand même trois fois.

Je décidai sur-le-champ que je ne pleurerais pas dans cette pièce et que j’allais en apprendre les moindres détails.

Alors, je comptai.

Une porte, une fenêtre, une cheminée avec un conduit trop étroit pour qu’un enfant puisse s’y glisser.

La porte s’ouvrit tandis que je comptais les dalles.

Un homme corpulent en costume gris impeccable entra le premier, suivi de quatre autres, qui se rangèrent le long du mur.

Eli avait la main bandée.

Nico, le costaud au visage juvénile et aux boucles sombres qui m’avait soulevée, fixait le sol.

Ronan avait une barbe rousse et un sourire en coin.

Le dernier était Darius, le grand homme au long manteau.

Il s’arrêta au pied du lit et me regarda. Je soutins son regard.

— Mademoiselle Venn, dit l’homme au costume gris en posant sur la couverture, près de mes genoux, un plateau de bouillon chaud et de pain. Je suis Silas Kade. Voici mes neveux, Darius, Ronan, Eli et Nico, et c’est ma maison. Mangez d’abord. Vous devez être transie.

— Laissez-moi partir.

— Je le voudrais bien, dit Silas d’un ton posé. Pas tout de suite.

— Des gens ont vu. Trois personnes ont vu.

— Des gens ont vu une fille de la boulangerie partir faire un tour avec ses amis. Il me sourit. Personne ne vous cherche, mademoiselle Venn. Votre propriétaire a reçu un mot de votre part. Votre patron aussi.

L’homme à la barbe éclata de rire.

Je me forçai à parler lentement.

— Qu’est-ce que vous me voulez ?

— Une année de votre vie, pour commencer. Un enfant, si la lune nous est favorable. Silas disait cela comme s’il lisait un menu. Vous serez Réclamée à la pleine lune, dans neuf jours, et tous les hommes de cette pièce y prendront part. Cela fait longtemps que nous attendons quelqu’un comme vous.

Au début, ces mots ne signifiaient rien pour moi.

Puis, je compris, et la pièce devint très silencieuse.

Je regardai le grand homme en manteau, celui qui m’avait observée.

Je le regardai et attendis qu’il dise quelque chose, n’importe quoi, à son oncle.

Darius Kade me rendit mon regard, ses yeux sombres et imperturbables.

Il ne dit rien.

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