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Elle cherche des hommes âgés, Maître D lui apprend à poser ses limites, roman · Chapitre 2 sur 24

Chapitre 2 : Ordre et scénario

Maître D lui écrit un premier scénario, lui refuse la photo, et la prend en faute quand elle jouit sans permission.

Il ne m'a pas écrit le lendemain, ni le surlendemain.

J'ai vérifié mon téléphone pendant un cours entier sur Balzac, sous la table.

À la bibliothèque, j'ai relu nos quelques lignes, et j'ai trouvé ça ridicule, parce qu'il n'y avait rien dedans.

Le troisième soir, à vingt-deux heures pile, le téléphone a vibré.

"Maître D."

"Bonsoir, Maître D", ai-je répondu, et mon cœur a recommencé à cogner.

"Tu as attendu."

"Non, Maître D."

"Tu mens. Tu as regardé ton écran toute la journée. Je ne t'en veux pas pour ça, mais je ne veux pas de mensonge entre nous."

J'ai posé mon livre.

Je n'ai pas su quoi répondre, alors j'ai dit la vérité.

"J'ai attendu."

"Bien."

Ce simple mot m'a traversée jusqu'aux genoux.

"Tu as dix-huit ans, c'est ce que dit ton annonce. Tu es majeure, tu es étudiante, tu vis seule. C'est vrai?"

"Oui, Maître D."

"Tu m'enverras ta carte d'étudiante demain, avec ton nom et ton visage cachés. Je veux seulement voir la date de naissance."

Je me suis redressée sur mon lit.

"Pourquoi?"

"Parce que je ne touche pas à une fille que je ne peux pas vérifier. Tu feras ce que je te dis, ou tu ne le feras pas. Mais tu ne me demanderas pas pourquoi."

J'ai senti la gêne monter, puis autre chose derrière elle, qui ressemblait à du soulagement.

Les autres ne me l'avaient jamais demandé.

Je lui ai envoyé la photo de la carte, le nom et le visage recouverts de mes doigts, la date bien nette, et sa réponse est arrivée avant que j'aie posé le téléphone.

"Dix-huit ans depuis mars. Merci."

Il m'avait remerciée, lui qui n'avait pas dit un seul "s'il te plaît".

"Maintenant, écoute", a-t-il écrit.

"Je ne veux pas de ta photo ce soir. Tu as l'habitude d'en envoyer à tout le monde, et ça te rend facile."

"Ce soir, je vais te raconter quelque chose, et toi, tu ne feras rien avant que je te le dise."

J'ai croisé mes jambes serrées sous la couverture, et je lui ai écrit : "Oui, Maître D."

Il a commencé.

C'était un scénario, écrit en phrases courtes, comme un ordre.

Je suis une stagiaire dans son cabinet d'architecte, un vendredi soir, tous les employés sont partis.

Il me fait rester pour une erreur que j'ai commise dans un dossier.

Il ne me regarde pas, il lit un papier, il me dit de fermer la porte.

Je ferme la porte.

Il me dit de me mettre devant son bureau, les mains dans le dos, et de répéter après lui que je suis une petite fille stupide.

Chaque ligne qui tombait sur l'écran me serrait un peu plus le ventre.

"Répète-le, ici, maintenant. En entier."

Je l'ai écrit.

"Je suis une petite fille stupide, Maître D."

"Encore."

Je l'ai écrit encore, et il a ajouté une phrase après l'autre, chacune plus sale que la précédente, chacune sur un ton calme.

Il disait que la stagiaire a la gorge qui se serre, qu'elle sent son sexe battre dans sa culotte.

Il disait que ses cuisses tremblent, et qu'il n'a pas encore bougé.

Il ne bougeait pas.

C'est ça, qui me rendait folle, l'immobilité de ses phrases.

Je me suis mordu le poing pour ne pas bouger la main.

"Tu as chaud", a-t-il écrit.

"Oui, Maître D."

"Tu es trempée."

"Oui."

"Tu as le droit de dire 'oui, Maître D'. Pas seulement 'oui'."

"Oui, Maître D."

"Dans le scénario, je me lève. Je contourne le bureau. Je mets ma main sur ta nuque, et je te penche en avant."

Je me suis inclinée sur l'oreiller, sans le vouloir.

"Je relève ta jupe. Je ne te touche pas. Je regarde ta culotte mouillée, et je te dis que tu es une honte."

Mon bassin a bougé tout seul contre le matelas.

"Maître D", ai-je écrit, et mes doigts tremblaient, "s'il vous plaît."

Je n'avais jamais écrit ces mots à personne.

Il y a eu un silence si long que j'ai cru l'avoir perdu.

Puis le téléphone a sonné, un appel, un numéro caché.

J'ai décroché sans respirer.

"C'est toi qui as écrit 's'il vous plaît'", a dit une voix très basse, grave, sans la moindre hâte.

"Je ne t'ai pas encore donné la permission de demander."

C'était la première fois que j'entendais sa voix, et mon corps a réagi avant mon esprit.

Un frisson m'a parcouru le dos, et j'ai laissé échapper un petit son.

"Tu viens de gémir dans mon oreille", a-t-il dit.

"Pardon, Maître D."

"Reste au téléphone. Tu es allongée?"

"Oui."

"Retire ta culotte. Garde ton body, tu l'as mis, je le sais. Écarte les genoux."

J'ai obéi, les yeux fermés, le téléphone coincé entre l'épaule et l'oreille.

"Mets deux doigts à l'entrée. Seulement à l'entrée. Ne bouge pas."

Je ne bougeais pas.

J'entendais sa respiration, lente, régulière, une respiration d'homme qui n'a pas besoin de me toucher pour me tenir.

"Tu es dans mon bureau, petite stagiaire. Tu es à mes pieds. Tu vas m'écouter, tu vas t'excuser pour ton erreur, et tu n'as pas le droit de jouir."

"Je m'excuse, Maître D", ai-je soufflé.

"Plus fort."

"Je m'excuse, Maître D. Je suis une petite fille stupide."

"Encore."

Je l'ai dit trois fois.

À la troisième, ma main s'est enfoncée toute seule, je n'ai pas pu la retenir, et j'ai joui d'un coup, en criant son nom, le seul qu'il m'avait donné.

"Maître D."

Je suis restée haletante, la main toujours là, la peau en feu.

Il ne disait plus rien.

J'ai entendu un souffle, un seul, qui n'était pas de l'amusement.

"Je t'ai dit que tu n'avais pas le droit."

"Je ne pouvais pas, Maître D."

"Tu ne pouvais pas, ou tu n'as pas voulu?"

J'ai ouvert les yeux sur le plafond de mon studio.

"Je n'ai pas voulu", ai-je avoué.

"Merci de ne pas mentir", a-t-il dit.

Il y avait dans sa voix quelque chose de nouveau, qui n'était ni de la colère ni de la tendresse.

"Tu viens de me désobéir au bout de dix minutes. Pour une première fois, je te le pardonne."

"Mais pas pour la deuxième."

Il s'est tu une seconde, puis il a ajouté sans élever la voix : "Demain soir, tu m'écris ta liste."

"Quelle liste, Maître D?"

"Tout ce que tu acceptes, tout ce que tu refuses, tout ce que tu veux essayer. Chaque ligne. Je ne te toucherai pas avant de l'avoir lue."

Il a raccroché sans me dire bonne nuit.

Je suis restée longtemps immobile, avec la culotte au pied du lit et le cœur en désordre.

Ce soir-là, pour la première fois, j'ai compris qu'il ne cherchait pas seulement à me faire jouir.

Il voulait savoir ce que j'accepterais, et surtout ce que je refuserais.

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