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Elle Découvre sa Famille Mafia, Il Est le Père qu'elle Doit Cacher, roman · Chapitre 3 sur 24

Chapitre 3 : Il ne sait pas

Dans la voiture de Damiano, Élise lui ment sur sa famille et se laisse embrasser, jusqu'à l'appel de Fabio sur la course des Gomez; Damiano lui laisse la clé de son appartement.

Je lui devais une réponse, et je n'en avais aucune de vraie.

"Tu n'as rien fait", ai-je dit. "C'est moi."

Damiano n'a pas bougé.

Il attendait la suite, sans m'interrompre.

Je me suis souvenue que j'étais la petite-fille d'Alberto Gomez, et que je devais mentir à cet homme avant la fin de la rue.

"Ma famille est très stricte", ai-je dit. "Ils ont découvert que je te voyais. Ils m'ont pris mon téléphone."

C'était faux sur le dernier mot et vrai sur tout le reste.

"Ils m'ont rendu le téléphone ce soir", ai-je ajouté. "Je l'ai allumé, j'ai vu tes messages."

"Et tu es venue."

"Je suis venue."

Il a expiré longuement, et ses épaules sont descendues.

"Tu aurais pu m'écrire un mot. Un seul."

"Je sais."

"Je t'ai cherchée à la fac. J'ai attendu trois jours à la sortie des amphis de psychologie."

"Tu n'avais pas ma photo sur toi ?"

"Si. Les étudiantes ont cru que j'étais un parent d'élève ou un flic."

J'ai failli sourire, et j'ai gardé le visage fermé.

"Tu as quarante ans", ai-je dit, plus pour moi que pour lui. "Tu peux attendre."

Il a eu un rire bref, rauque.

"Tu me le diras encore dans une heure."

Il a ouvert la portière de la voiture noire.

"Monte. Il fait froid, et je ne te toucherai pas si tu ne veux pas."

Je suis montée.

La voiture sentait le cuir et son eau de toilette, le bois et l'orange amère, celle de ses cols de chemise en octobre.

Il s'est assis à côté de moi, sans démarrer, et il a gardé les deux mains sur ses genoux.

J'ai vu qu'il se retenait.

J'ai vu les tendons de ses poignets, sous les tatouages, et ses jointures blanches.

"Tu me dis non, et je te raccompagne à ta porte", a-t-il dit. "Tu ne dis rien, et je pars comme je suis venu."

"Embrasse-moi."

Ce n'était pas du tout ce que j'avais prévu de dire.

Il m'a regardée une seconde.

Puis il a passé une main dans mes cheveux, derrière la nuque, et il a approché mon visage du sien.

Sa bouche était chaude, un peu salée de froid.

Il m'a embrassée lentement d'abord, puis plus fort, parce que je lui répondais.

J'ai attrapé son manteau à deux mains.

Il a gémi contre ma bouche, et ce son-là m'a traversé tout le ventre.

Sa main a glissé sur ma hanche, sous ma robe, sur ma cuisse nue.

Ses doigts étaient larges et sûrs, et ils s'arrêtaient à chaque centimètre, le temps que je dise oui.

Je disais oui avec mes hanches, avec mon souffle, avec ma main sur sa ceinture.

Il a frémi, et il a fermé les yeux.

Je me suis tournée vers lui, un genou sur le siège.

"Élise", a-t-il murmuré contre ma gorge. "Tu m'as tellement manqué que j'ai cessé de dormir."

Je l'ai embrassé dans le cou, là où le tatouage remonte.

Il a pris mes poignets et il m'a plaquée doucement contre la vitre.

Sa bouche est descendue sur ma clavicule, ses dents ont effleuré ma peau, et j'ai senti sous ma cuisse à quel point il me voulait.

J'ai pensé: ce n'est pas un ennemi, c'est lui.

J'ai pensé: je porte son enfant, et il m'embrasse comme s'il avait peur de me perdre encore.

Mon téléphone a sonné dans mon sac, puis le sien.

Il s'est redressé, essoufflé, la bouche rouge.

"C'est Fabio", a-t-il dit en regardant l'écran. "Il ne m'appelle jamais à cette heure sans raison."

Il a décroché, et je me suis écartée pour lui laisser l'espace.

Il a écouté.

Son visage s'est fermé, d'un seul coup, sur ce que j'avais vu sur la photo de mon grand-père.

"Quand ?" a-t-il demandé. "Ce soir ? Tous les petits-enfants ?"

Un silence.

"Et la dernière ? La plus jeune ? Personne ne sait à quoi elle ressemble ?"

Mon cœur s'est mis à battre dans ma gorge.

"Non, je ne vais pas au club. Je suis occupé."

Il a raccroché, et il m'a regardée.

"Désolé", a-t-il dit. "Une affaire de famille. Un vieil ennemi qui bouge."

J'ai hoché la tête.

"Tu as l'air pâle."

"J'ai froid."

Il a enlevé son manteau pour le poser sur mes épaules, et ce geste-là m'a presque fait pleurer.

Il m'a protégée de lui-même, sans savoir de quoi.

"Je dois filer", a-t-il dit. "Fabio n'appelle pas pour rien."

"Va."

"Je ne veux pas te perdre encore."

Il a pris ma main, et il a glissé quelque chose de froid dans ma paume.

Une clé, avec un porte-clés en cuir noir.

"Mon appartement. Quai du Port, au dernier étage. Le code est la date de ton anniversaire." Il a souri, un peu tordu. "Tu me l'as dit un soir, et je m'en suis souvenu."

"Damiano..."

"Viens quand tu veux. Ou ne viens pas, et je t'attendrai quand même."

Je suis descendue sur le trottoir avec son manteau sur le dos.

Il a démarré, et les feux arrière ont disparu au coin de la rue.

Je suis restée seule sous le réverbère, avec le goût de sa bouche et le poids de la clé.

J'ai refermé la main sur la clé de l'appartement de l'homme que mon grand-père voulait voir enterré.

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